C'était mes deux émissions préférées, enfant. Sans doute parce que j'étais enfant, je m'identifiais cependant plus à l'enfantine, rebelle et toujours dépassée Jeannie qu'à la sage, conformiste et toujours au-dessus de ses affaires Samantha. Je préfèrais aussi cent fois le ''maître'' de Jeannie à celui de l'autre. Je ne comprenais même pas comment Samantha pouvait en être amoureuse et surtout accepter de se limiter* et partager la vie de ce, cet, enfin il était gai, non? C'était évident. J'étais du côté de la belle-mère, on s'en doute, il n'y a qu'à regarder ceci pour nous donner raison à toutes les deux :

Bon. J'imagine que dans une société où il fallait à tout prix vivre en couple hétérosexuel femme soumise-homme dominant pour être accepté, c'était un bon arrangement pour tous les deux, quoiqu'en disait la belle-mère, car les belles-mères ne savent pas tout, sorcières ou pas. Mais ne le sont-elles pas toutes? Bien sûr que oui.
Ceci dit. Les ''pouvoirs'' des femmes étaient à la fois magnifiés et occultés (et magnifiés justement parce qu'occultés, alors qu'elles n'étaient sensées n'en posséder aucun, il apparaissait ''merveilleux'', ''fantastique'' qu'elles en possédassent (héhéhé) (les pétasses) effectivement beaucoup dans la réalité) - pouvoirs interdits, comme une allégorie de la société de l'époque avant que les sorcières ne se mettent à brûler leurs brassières entre deux joints.
* Parce qu'il lui imposait - tentait de lui imposer serait plus juste (comme dans la vraie vie, quoi) - le comportement de la femme modèle du temps, et non pas parce qu'elle était femme au foyer. La division du travail selon les sexes n'est pas toujours l'équivalent de la domination d'un sexe sur un autre dans une société.
Par exemple chez les iroquois, il existait une division sociale des tâches selon les sexes, mais les femmes avaient des pouvoirs politiques et économiques.
Il existait aussi chez les amérindiens un espace identitaire entre les deux sexes, un peu comme les grecs anciens avaient identifié un troisième sexe :
Je considère que le travail d'une femme au foyer est aussi important, sinon plus, que n'importe quel emploi rémunéré.
La problématique de la dévalorisation de la femme au foyer (lorsqu'elle survient, car ce n'est pas toujours le cas) repose à la fois sur l'ancienne structure sociale qui stipulait que la femme était inférieure et devait être subordonnée aux hommes en général et à son mari en particulier, et à la fois sur le fait que dans la société actuelle on attribue une valeur à l'individu en fonction du chiffre équivalant à son salaire (ou à son compte de banque le cas échéant), et non en reconnaissance de fonctions, services, utiles et nécessaires qu'il rend à la société.
En ce sens, je suis convaincue que le féminisme dévie de sa mission de libération de la femme (et de l'homme par le fait même, et du troisième sexe et des nanfans aussi - des chiens des chats etc.), et fait fausse route lorsqu'il impose aux femmes un modèle social unique au lieu de reconnaître le libre choix de chacune de mener sa vie comme elle l'a choisi, en toute liberté. Ce n'était pas le but du brûlage de brassières, ça déjà? Après tout?
