Une internaute parmi d'autres

Publié le mercredi 8 avril 2009

Mercredi 8 avril 2009

T'as fondue!!! As-tu eu le cancer?

Vous avez perdu du poids!!! Avez-vous été malade?

Commentaires reçus dernièrement en des lieux différents par deux connaissances que je n'avais pas vues depuis un certain temps. Depuis au moins, un, deux, (...) 9 mois! Le temps de me remettre au monde.

C'est assez bizarre la perception que j'ai de mon corps. Je ne croyais pas que j'avais accumulé un tel surpoids, je n'étais pas obèse selon les critères admis mais franchement en surpoids. Malgré la balance, malgré la taille des vêtements que j'achetais, j'ai dû voir des photos de moi pour me rendre compte (enfer, horreur et damnation). C'est étrange n'est-ce pas? Maintenant, que je suis de nouveau mince, et que je maintiens mon poids santé sans problème depuis un bon tout de temps, et malgré le chiffre de la balance et celui de la taille des vêtements que je porte et MÊME malgré les photos, j'ai de la difficulté à CROIRE que je suis redevenue mince. C'est encore plus étrange.

La perception que l'on a de la réalité et la réalité peuvent être distortionnée à ce point en fonction de quoi, au juste?

Plus étrange est ce sentiment d'avoir envie de continuer de maigrir. Je sais que si je me laisse aller à cette envie, ce serait malsain, morbide peut-être. C'est cette même impression que je ressens devant le vide : l'envie de me jeter dans le vide. Je sais que je ne le ferai pas, mais le gouffre m'attire. C'est pareil.

Mais peut-être différent aussi. J'ai retiré une véritable sensation euphorique d'atteindre semaine après semaine mes objectifs de perte de poids. Depuis plusieurs années que j'essayais et comme je ne faisais pas les bonnes choses (quoi que je croyais les faires) je faisais beaucoup d'efforts pour des anti-résultats. Avec pour conséquences une sensation de perte de contrôle sur ma vie, de n'être plus moi-même et autres sentiments vraiment désagréables. Lorsque j'ai commencé à faire Weight Watchers (non, je n'ai pas de pourcentage pour fin de publicité, mais je n'ai pas de tabou non plus à nommer les choses de la vie par leur nom), sincèrement, je croyais que "c'était l'âge", comme tout le monde disait, que mon métabolisme avait changé et que j'étais condamnée à ne plus être moi-même jusqu'à la fin. Mais non. Semaine après semaine, dès la première semaine, j'ai fondue tranquillement. Mais sûrement.

Avec ce sentiment euphorique de renaître, d'avoir du contrôle sur ma vie.

C'est ça le danger.

La sensation extrêmement satisfaisante d'avoir du contrôle sur ma vie, alors que par ailleurs, je vis beaucoup d'insécurité et que je me suis fixé plusieurs objectifs à atteindre, dont je ne peux à l'avance être certaine d'atteindre.

Voilà le véritable danger.

L'attraction du gouffre, bof, j'y résiste depuis toujours. Sur les ponts, les viaducs, sur les quais de métro, sur le toit des montagnes, C'est juste une petite lubie familière (je me lance ou pas?) Je sais fort bien depuis longtemps que j'y pense juste assez longtemps pour me faire battre le coeur à toute allure et sentir les ailes de la mort me frôler, par jeu. Rien de menaçant, réellement.

Mais l'envie de continuer de maigrir pour continuer de ressentir l'euphorie de l'illusion d'avoir la maîtrise de ma vie, si je ne l'avais pas conscientisé ce qu'il y avait derrière, je l'aurais bel et bien perdue la maîtrise de ma vie.

L'importance du changement de perspective, de paradigmes : non seulement ce qui était garant de succès peut devenir obsolète, mais peut devenir une cause d'échec.

Je veux bien me sentir dans ma peau, il fallait que je perde du poids. Je veux bien me sentir dans ma peau. Je dois cesser de perdre du poids.

C'est fou quand même que lorsque la machine est lancée, elle a du mal à s'arrêter. J'ai tellement mis l'emphase sur la perte de poids au lieu de sur me sentir bien dans ma peau qui était le véritable objectif que j'ai de la difficulté à lâcher l'exercice 'perte de poids'.

Pourtant, j'ai en ce moment un tas, mais un tas d'autres objectifs tout aussi importants à atteindre sur lesquels j'aurais intérêt à concentrer tous mes efforts, plutôt qu'à me débattre avec ça.

Alors c'est réglé maintenant. Inconscient, aligne toi. S'il te plaît.

Je pars la machine. 3-2-1. Now! Attachez vot' tuque avec d'la broche. (y'a pas d'émo-ti-con avec une tuque ici d'dans, coup donc? - y neige dewow aujourd'hui)


Mercredi 8 avril 2009

Valeurs.

 

Plus facile de se plaindre.

 

Mais ça ne me mènera pas loin.

 

Qu'il y a un manque de valeurs humaine, je veux dire. Plus facile de se plaindre que de me mettre à faire mon possible pour qu'elles fleurissent le plus souvent dans le monde.

 

Plus difficile d'agir pour que mes pensées, mes sentiments, mes comportements reflètent les valeurs humaines auxquelles j'adhère. Parfois je suis simplement très fatiguée, trop fatiguée pour les cultiver, mais n'est pas juste une excuse parce que je n'ai tout simplement pas pris l'habitude de le faire en toute circonstance? Poser la question, dirait l'autre, c'est y répondre. Il a réponse à tout, cet autre.  Oui, fatiguée au point où j'ai envie d'aller me coucher et c'est tout. Là où il serait de mise de sourire, de tenir compte de l'autre, de sa fatigue, de ses émotions, de l'autre quoi. Lorsque j'y arrive, ma fatigue, bizarrement, s'envole souvent dans un sourire sincère échangé et qui éclaire vraiment l'autre. Parfois je doute moi-même que ma petite goutte d'eau puisse changer quoi que ce soit à l'océan de cynisme (de peur) dans lequel j'ai l'impression d'être immergée. Et puis voilà, chaque fois que j'arrête de douter et que j'agis, le miracle se produit. Oh! Bien sûr, il y a encore, les erreurs, les miennes, celles des autres, le cynisme, le mien, le sien, le tien, et tout le cirque, mais en plus, il y le courant qui passe, l'énergie d'Amour et finalement c'est ça, le miracle : d'être en vie et de sentir cette énergie plus forte que nous nous traverser malgré la mort et malgré tout. C'est vrai. Il n'y a que ça de vrai. Tout le reste est illusion.