J'ai besoin de m'encrer. Au poids des mots. M'ancrer au voyage. Sinon je flotte au-dessus du bateau, au-dessus de la destination. Beaucoup trop d'intérêts me dispersent, je commence sans finir et je ne veux pas finir sans avoir terminé, même si là oû je vais me mènera irrémédiablement ailleurs. Oû je devais aller. Je le sais déjà et c'est pourquoi mon intuition est une telle arme blanche à deux tranchants (à quoi bon se rendre puisque je vais ailleurs de toute façon? Mais si je ne me rends pas là oû je ne devais pas aller, je n'arriverai jamais ailleurs. J'ai besoin de logique pour me rendre, même si c'est l'intuition qui me guide). Que peut bien être l'âme d'un fantôme ami qui ne se manifeste plus? Un genre de fantôme mort, comme peuvent l'être les piles électriques. L'âme d'un fantôme ami vivant est de l'énergie lumineuse. Mâle, tiens lieu d'animus - le reflète comme les aurores boréales? Poser la question c'est y répondre. Pourquoi cette lumière-énergie là et pas d'autres, alors? Mystère. Quoi qu'il en soit, j'ai besoin de l'énergie active de l'animus dans mon âme pour fonctionner en ce moment et je suis donc en train d'apprendre - à la dure (mais je le perçois comme ça simplement par manque de virilité interne (je suis vraiment fife, parfois, à l'intérieur, c'est pas drôle mon cas), il faut dire, ensuite, lorsque j'aurai trouvé et intégré une part de l'énergie de mon ombre-animus, je me rirai de la situation, lorsque j'aurai intégré une partie de cet animus, sans doute trempant dans l'inconscient collectif aussi - on ne fait jamais une telle démarche tout d'un coup. Je ne crois pas du moins. On s'étoufferait avec, non?).
Mon bateau n'est pas vert et blanc et je suis la capitaine, seule maîtresse à bord après Dieu. Elle rêve d'un prince charmant, moi je trouve ça sexiste de faire porter aux hommes le poids d'un idéal impossible à atteindre, du moins sinon à atteindre (car c'est possible durant la phase de la séduction) du moins à maintenant 24 heures sur 24 dans une relation de couple à long terme. Pourtant c'est possible de cultiver le romantisme comme les fleurs, mais bon je m'éloigne de mon sujet. Et d'ailleurs qui, homme ou femme, ne mourrait pas d'inanition de vivre d'eau de rose au quotidien?). Et pourtant. C'est une chanson de femme en quête de son animus à mon oreille. J'écoute, peut-être y puiserai-je l'inspiration dont j'ai besoin pour trouver le mien. Pas mon compagnon de voyage. Mon animus. Mais est-ce que je ne mèle pas les deux lorsque je dis que je cherche l'un, c'est l'autre, trop souvent? Alors que ce n'est pas interchangeable. Un animus n'est pas un compagnon de vie et un compagnon de vie n'est pas un animus. J'ai besoin de l'animus, absolument, du compagnon de voyage, pas nécessairement, mais ça aiderait.
Je sors cette chanson d'une période de temps oû tout ça n'étaient pas des préoccupations pour moi. Jung dit que c'est dans la deuxième moitié de la vie qu'on s'individualise, qu'on intègre son ombre. Je serais comme à coller les morceaux pour terminer le puzzle que je suis avant ma mort?
Téka.
Comme dirait mon iroquoise intérieure.
Tel que mon âme le perçoit en ce moment. Saisissons-le car dans un instant, la donne sera autre, du fait d'avoir joué cette partie.
Chanson pour un animus : Moi si j'étais un homme (Diane Tell)
