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Publié le vendredi 20 mars 2009

Vendredi 20 mars 2009

Extrait d'articles tirés de Psychologies Octobre 2008

www.psychologies.com

 

5 signes qui ne trompent pas

Hanna Waar

Le mystère, la peur, l'aventure, le désir, le sentiment d'exister pleinement : cinq critères pour aider à mieux cerner ce qu'est l'amour vrai.

 

"Mais pourquoi restes-tu avec lui (avec elle)?" Combien de fois avons-vous posé cette question à nos amis enlisés dans des histoires douloureuses? Combien de fois nous sommes-nous demandés ce qui les poussait à persévérer dans des relations insatisfaisantes? Non, c'est sûr, ce n'est pas ça l'amour. Qu'est-ce que c'est alors? Un sentiment qui nous rendrait immuablement heureux? Certainement pas, nous dit la psychalalyse. L'amour le "vrai", n'a rien à voir avec la sérénité. Même apr`s le cap de la fusion des débuts, et contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, l'amour, ce n'est pas pépère : ça chavire, ça secoue, ça nousliemystérieusement à l'autre dans une épopée qui échappe à toute rationalité. Exploration de quelques signes révélateurs.

 

1. Trouver l'autre mystérieux

L'amour est un mystère pour ceux qui le vivent, un myst`re pour ceux qui le regardent. Nous constatons, mais nous ne comprenons pas. Pourquoi? Parce que ce qui nous lie à l'autre est inexplicable. Aimer vraiment, c'est aller vers quelqu'un, non pas seulement pour son image (sa beauté, sa ressemblance avec tel ou tel), ni pour ce qu'il symbolise (un p`re, une m`re, le povuoir, l,argent), mais pour son secret. Ce secret que nous ne savons pas nommer, et qui va rencontrer le nôtre : un manque ressenti depuis l'enfance, une souffrance singulière, indéfinissable. "L'amour s'adresse à notre part d'inconnu, explique le psychalyste Patrick Lambouley.

Il y a un vide en nous qui peut causer notre perte, nous pousser à nous tuer. Et bien, l'amour, c'est la rencontre de deux blessures, de deux failles, le partage avec quelqu'un de ce qui nous manque radicalement et que l'on ne pourra jamais dire."

L'amour vrai, ce n'est pas "Montre-moi ce que tu as" ou "Donne-moi ce que tu as pour combler ce qui me manque", mais plutôt "J'aime la manière dont tu essaies de guérir, ta cicatrice me plaît".

Rien à voir avec l'hypothèse de la "moitié d'orange", déclinaison du Banquet de Platon, qui nous voudrait incomplets parce que coupés en deux. L'amour nous rendrait alors "un" et Heureux! "C'est la cause de la faillite forcée de bien des couples, observe Patrick Lambouley. Quand certains s'aperçoivent qu'ils ressenttent encore une insatisfaction, ils s'imaginent que c'est parce qu'ils n'ont pas trouvé l'homme ou la femme qu'il leur "fallait", et qu'ils doivent en changer. Ce n'est évidemment pas le cas". Aimer vraiment, c'est dire à l'autre : "Tu m'intéresses."

 

2. Avoir peur de le perdre.

Aimer, c'est avoir peur. Tout le temps. Freud, dans Malaise de la civilisation, l'explique ainsi : nous devenons dépendants parce qu'il faudra que l'autre nous soutienne toujours dans l'existence. D'où la peur de le perdre. Explication lumineuse de Monique Schneider, philosophe et psychanalyste : "L'amour implique une prise de risque. Il suscite un phénomène de vertige, parfois même de rejet  on peut casser l,amour parceq ue l'on en a trop peur, le saboter tout en essayant de se confier, réduire son importance en s'attachant à une activité où tout repose sur soi-même. Tout cela revient à se protéger du pouvoir exorbitant de l'autre sur nous".

D'autant souligne encore Freud, qu'Éros et Thanatos vont de pair. Je t'aime, je te détruis. Éros, c'est notre désir de nouslier amoureusement les uns aux autres ; Thanatos, c'est la pulsion de mort qui nous pousse à rompre le lien pour que notre oi reste tout-puissant. L'amour poussant à sortir de soi, le moi le combat. "C'est difficile de renoncer à soi, décrypte le psychanalyste Jean-Jacques Moscovitz. On sent bien quand on aime que quelque chose nous tiraille. L'amour touche à notre être, à ce que nous sommes au monde. Peu de gens s'en rendent compte. Ils se retrouvent seuls et se sentent bien dans cette solitude pusiqu'ils sont désormais à l'abri de cette pulsion de mort. Mais quand, dans l'amour, on a survécu au déchirements, aux conflits, on atteint une zone formidable où rejaillit le sentiment." L'amour vrai n'est pas un contrat d'affaires : c'est un sentiment violent qui fait courir un danger aux deux partenaires. Il ne faut jamais l'oublier quand on doute, quand l'autre semble nous "désaimer". "Quan quelqu'un se défend, explique Monique Schneider, ça ne veut pas dire qu'il n'est pas amoureux. Il peut juste redouter de se retrouver les mains liées."

 

3. Accepter de s'engager avec lui dans l'inconnu

Rien n'est écrit. (...) Mais être persuadé que l'amour n'est jamais certain signifie que l'on a hérité d'un passé qui nous empêche de croire en nous et en l'autre. Pour aimer vraiment, il faut presque croire en une sorte de miracle. Freud parle d'attente croyante. Il faut entretenir le feu qui peut redémarrer, ne pas exiger de satisfaction immédiate." Accepter l'inconnu, être patient...

4. Éprouver du désir

Aucun doute : aimer, c'est avoir envie de l'autre. Mieux, confirme Jean-Jacques Moscovitz : "Faire l'amour aide à aimer. Sans échange corporel, quelque chose dans l'amour ne se fait pas. L'amour demande du plaisir parce qu'il y a du désir.Et les amants qui s'aiment connaissent une jouissance supplémentaire. (...) C'est une jouissance qui écrase." Sans amour, le plaisir se vit comme un moyen de se débarrasser d'une tension, tandis que pour jouir dans une émotion qui dégage des ondes, des vibrations, une expérience forte, il faut aimer vraiment : "Dans l'amour, on obtient une jouissance autre", renchérit Monique Schneider.

Une baisse de désir signifie-t-elle un désamour? Pas du tout (...)

5. Se sentir exister

(...) "Aimer vraiment intensifie notre sensation d'exister" conclut Monique Schneider.

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Les faux amis de l'amour par Flavia  Mazelin Salvi

 

La jalousie, la surprotection, la dépendance, l'hyperintensité, la possessivité

 

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L'échelle de l'amour

Par Catherine Bensaid

 

Porneia : (...)

L'amour est dévorant. (...) On attent de l'autre qu'il nous nourisse. En prenant conscience de la demande de ce "bébé" en nous, il devient possible de passer à un amour adulte, qui "croque la vie".

Pathos :  (...)

l'amour est passionné, possessif (...) L'autre est si beau, il rend la vie si belle! Mais dès qu'il sort de cette illusion de perfection, on ne l'aime plus. L'amour véritable commence après ces premières désillusions. Dès lors, nous avons le choix : retomber dans l'amour malheureux et aveugle, demeurer dans un érotisme pulsionnel, sans partage, ou s'ouvrir à l'engagement d'une relation riche et harmonieuse.

 

Philia (...)

L'amour est amical, non parce qu'il exclut le désir, mais parceq u'il apprend à le découvrir, de part et d'autre, et à le dire. Afin que chacun puisse l'entendre et s'entendre.

 

Storge (...)

L'amour est tendresse. Pas seulement douceur, mais aussi tension : tendre vers l'autre, être attentif, attentionné...

Charis (...)

L'amour est grâce. (...) Le quotidien prend toute sa saveur, se teinte de cette folie qui nous permet d'élargir l'horizon, d'aller vers l'inconnu.

 

Agape (...)

L'amour est don. (...) L'amour véritable ne touche-t-il pas à l'inouï, à l'infini?