Une internaute parmi d'autres

Publié le vendredi 30 janvier 2009

Vendredi 30 janvier 2009
Les instrument sont brisés. Je dois m'orienter selon les étoiles et oublier les satellites. Seulement le ciel est couvert. Je suis donc le courant parce qu'il va dans la direction où je suis sensée arriver, jusqu'à ce que je reçoive un signal du ciel quelconque, humain ou cosmique.

Je me sens ballottée entre le microcosme des affaires qui nous importent tant, qui nous importent avant tout, nous humains, au niveau humain et le macrocosme des énergies de la nature qui nous englobent, nous humains, l'immensité où les premières se perdent, du moins en perdent le sens qu'on leur donne, avant de se diluer dans l'Univers, enfin réunis ou simplement dissout pour toujours - lorsqu'on est soi-même immergée dedans. Je ne sais pas si je fais fausse route en pensant que l'une ou l'autre est plus importante que l'autre ou peu ou pas importante par rapport à l'autre. Je ressens plus que je ne réfléchis pour être honnête. Je ressens que la logique pure n'est pas le cadre théorique par où passera le signal mais que la logique pure est seulement un délicat rouage, un tout petit os qui a son rôle a jouer en synergie, comme le marteau qui transmet les vibration de l'air à l'enclume dans l'oreille.

Devant l'ampleur de l'étrangeté du nouveau monde qui est le mien, je ne sais trop quoi dire. Je n'ai pas vraiment le temps d'y penser. Je devrai rester enfermer dans ma cabine à scruter les cartes et étudier les récits de voyages de ceux qui sont passés avant moi dans certains passages, studieusement, en silence et concentrée, pour ne pas les rater, me perdre ou faire naufrage. Me retirer momentanément dans la solitude de la solitaire de ma cabine entre la solitude parmi les autres, les passagers qui embarquent et les passagers qui descendent. Il y avait deux uniques passagères cet après-midi à un moment donné, deux rousses naturelles et du même roux, belles toutes les deux, et à la même peau de lait, seuls liens entre elles à par le hasard qui les réunit là. Une à la fin du voyage l'autre au début, l'une qui a rêvé la nuit dernière que sa maison prenait feu - tout à fait un rêve de rousse - et l'autre qui a posé un coussin sur le dossier de la chaise et a accoté la tête dessus et a fermé ses yeux clairs pour quelques minutes. Je ne savais si le voyage la reposait ou la fatiguait.