Une internaute parmi d'autres

Publié le mardi 27 janvier 2009

Mardi 27 janvier 2009

J'ai un tatouage maintenant. Comme tous les marins.

Mes mains sont tatouées de l'encre bleue qui coule de mon stylo Pilot Hi-Tecpoint 0.5. C'est comme si je m'étais fait tatouer, disons, la carte aux trésors de mon pirate personnel (non ce n'est pas ce que vous pensez!) sur les paumes de la main et une aile de corbeau sur le côté du pouce et sur la peau palmée entre le pouce et l'index de la main droite. Il m'a dit "tu fais partie de mes poupées russes, que je le veuille et que tu le veuilles ou non". Je ne sais pas ce que ça veut dire. Il se comprend. Probablement que ça veut dire qu'une femme a mené à une autre qu'il n'aurait pas rencontrée si l'autre d'avant n'avait pas été celle-là et pas une autre. Les poupées russes font toujours partie d'une série comportant un même thème. Je ne sais pas ce qu'il voulait dire. Il se comprend. Je crois comprendre, c'est tout. Il m'a dit aussi "même s'il est bien convenu depuis toujours (sauf à la toute origine) qu'il n'y a rien d'amoureux entre nous". Ça je comprends bien et tout. Je vous dirai aussi ceci : ses trésors existent parce que je les ai déjà eus. J'ai eu cette chance. Mais non ce n'est pas non plus ce que vous croyez! (obsédés). La carte est un rappel tracé en filigrane sur mes lignes de vie. Cet après-midi un pasteur qui vendait - trop cher - des poupées russes de toutes les sortes et de toutes les tailles pour financer un organisme de charité qui venait en aide aux familles dans le besoin a croisé ma route. J'ai acheté - trop cher, mais c'est pour la bonne cause - un porte clé au bout duquel pend une petite matriochka toute pimpante en souvenir de tout ce que je ne comprendrai jamais dans les relations homme-femme. Je n'arrive pas à me décider avec quelle(s) clé(s)... elle a fini par échouer au fond de mon sac. Il n'y aura jamais de clé pour ça. Je me demande comment et à qui dans quelle famille, elle apportera sa minuscule contribution de vie à venir, du fin fond de mon sac et de la chaine de solidarité humaine dont elle est un anonyme quoique souriant maillon de bois sans importance.

La nuit tombe. La mer est calme. C'est une nuit sans lune. Je tiens la barre et je n'ai pas l'impression d'avancer beaucoup. Pourtant, je dois arriver à la date fixée sous peine de perdre ma cargaison. Je dois faire voguer ce navire, avancer autant que possible, ce soir.

Je fais vraiment un très beau voyage en ce moment. Sans doute parce que je me sens étrangère à tout et à tous en ce moment. Ou presque. Tout ce qui n'a pas changé dans ma vie, tout mon connu et mon familier est entré dans une ère nouvelle. Et je fais un beau voyage aussi sans doute à cause de ce sentiment de légèreté et de liberté que j'ai, que je n'ai pas ressenti depuis vraiment très longtemps, et qui ressemble beaucoup au bonheur pour moi. Deux phénomènes qui arrivent en parallèle plutôt que de cause à effet. Du moins c'est comme ça que je le ressens.